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samedi 28 novembre 2015

Black Jack ressort des boules à mites

Parmi les animes de la saison d’automne, il y a un anime pour lequel j’étais très excitée. Il s’agit de Young Black Jack.
Black Jack est à l’origine un shônen de genre médical et dramatique. Ce manga d’Osamu Tezuka a été publié en 17 volumes du 19 novembre 1973 au 14 octobre 1983. Le titre fait référence au surnom du personnage principal. Plusieurs adaptations ont été faites à partir de cette œuvre entre 1993 et 2006. La première série comporte 61 épisodes et son âge se fait sentir, mais elle est accessible sur youtube si l’envie vous prend de regarder l’œuvre intégrale après avoir vu Young Black Jack (croyez-moi l’envie vous prendra). La deuxième série, Black Jack 21, focus sur la recherche de la vérité derrière la tragédie de Black Jack. S’ensuit une foule de mystères, d’actions et de poursuites policières qui s’étendent sur 17 épisodes. Je vous parle de ces séries car celle que je vais aborder aujourd’hui, Young Black Jack, est très intimement liée à ces œuvres et les regarder avant d’entamer la nouvelle série pourrait répondre à certaines questions que vous aurez en cours de route.

Un docteur House japonais?
Black Jack est un personnage très mystérieux avec un lourd passé et c’est justement ce passé que Mitsuko Kase nous propose avec cette adaptation. L’histoire se déroule en 1968, alors que la Guerre du Vietnam fait rage, que les Afro-américains confrontent les autorités pour obtenir l’égalité raciale et que les étudiants japonais protestent contre le système. C’est durant ces années de tempête qu’un étudiant étrange s’enrôle dans l’école médicale et accomplie des miracles grâce à son génie et ses compétences. Young Black Jack nous dévoile les origines du célèbre chirurgien et comment celui-ci a obtenu son diplôme (ou pas) et le surnom de Black Jack. Dans Young Black Jack, nous suivons les aventures de Kuroo Hazama alors qu’il est étudiant en médecine. Il est endetté jusqu’au cou et se retrouve mêlé à une histoire de trafic d’organes, puis tentera de retrouver un collègue porté disparu au Vietnam, avant de faire un tour aux États-Unis où un médecin devra le protéger contre une organisation secrète. L’anime n’en est qu’à son 7e épisode au moment où je rédige cet article. Beaucoup plus de suspens reste à venir et le fait que l’histoire suive des faits historiques réels ajoute de la profondeur à la trame de fond.

Kuroo Hazama, aussi surnommé Black Jack, est un médecin amorale et non licencié qui opère dans l’ombre après s’être fait révoquer son permis de praticien. (Dans certaines versions, il se fait révoquer son permis alors que dans d’autres versions il ne passera pas l’examen final). Il tire son apparence des trois années d’opérations qu’il a subit étant jeune à la suite de l’explosion d’une bombe de la seconde guerre mondiale qui avait été «oubliée» sur une plage du voisinage. Cette explosion tua sa mère et le laissa entre la vie et la mort et c’est le docteur Honma qui s’occupa de recoller les morceaux afin de le recréer. Une fois adulte, Kuroo décide lui aussi de sauver des vies en devenant chirurgien. Il proteste contre la corruption et le conservatisme du système de santé japonais et n’hésite pas à venir en aide à quiconque. Il demandera des sommes astronomiques aux riches et ne demandera rien aux pauvres, par exemple. 

Totalement pourri??
Des bloggeurs ont rapporté que Young Black Jack (YBJ) n’était qu’un squelette de ce qu’est réellement Black Jack (BJ) et que l’anime ne valait même pas la peine d’être écoutée. Les raisons invoquées sont le manque d’amour pour les personnages et les lacunes de scénarisation des épisodes. Dans BJ, tous les personnages ont une histoire de fond, ce qui permet de s’identifier à chacun d’eux et de sympathiser avec eux malgré le fait que plusieurs d’entre eux ne reviendront plus dans la série. Beaucoup d’amour est placé dans les patients et le lecteur fini par implorer lui aussi Black Jack de les sauver. Cette sorte de sympathie manque dans YBJ. Les personnages sont là seulement pour être opérés et regarder le personnage principal faire des prouesses pour sauver ces inconnus peut rapidement passer d’impressionnant à ennuyeux. Aussi, bien qu’environ le même degré d’action se trouve dans chaque série, une lacune se fait sentir dans YBJ par l’impression de longueurs. Il y a énormément de monologues dans cette série comparativement à l’originale. Le second épisode se passe carrément dans la même pièce. Même des explosions spectaculaires ne peuvent sauver un scénario pauvrement construit. Je leur accorde donc ces points, mais je ne suis pas d’accord que l’anime ne vaut pas la peine d’être écoutée et en voici les raisons :

Les bons côtés
Pour commencer, ce coup de jeunesse fait du bien à l’œuvre. Le visuel et la trame musicale ont été remis au goût du jour tout en restant le plus possible fidèles à l’œuvre originale et le fait que Kuroo se déplace d’une scène historique chaude à l’autre plutôt que d’opérer de sa luxueuse maison apporte un nouveau degré d’action plus accrocheur. Les personnages sont un peu plus réalistes, surtout le personnage principal qui est ici plus jeune et plus sexy pour accrocher mesdames. Une trame sonore intéressante et une musique d’introduction et de crédit accrocheuse ont été ajoutées (J’aime la musique d’intro de BJ, mais elle a pris un coup de vieux en 10 ans). I am just feeling alive d’Umi Kuun reflète toute la tension entre Kuroo et le système médical japonais ainsi que tous ceux qui tenteront de lui faire obstacle. Cette musique est tellement accrocheuse que je ne sais plus si je préfère l’anime ou la musique d’intro.


Ensuite, je considère YBJ comme une porte d’entrée vers les œuvres plus anciennes qui peuvent sembler moins attirantes. Je n’aurais jamais écouté BJ et BJ21 sans d’abord avoir passé par YBJ. Ces aventures donnent envie d’en savoir plus parce que le spectateur se retrouve avec plusieurs questions après chaque épisode et YBJ ne répond PAS aux questions. Je pense aussi que YBJ se veut respecter le plus possible l’œuvre en reprenant le même type d’introduction que BJ - Le type d’introduction qui vous raconte le contenu de l’épisode et dévoile les punchs avant la musique d’introduction. De plus, le vidéo des crédits, fort simple, se résume à montrer des cartes qui pivotent et dévoilent à tour de rôle chaque personnage présent dans YBJ en le comparant avec son ancienne apparence dans BJ. Je pense que YBJ est un d’avant-goût de la série dont le but est d’aller chercher un public plus jeune et de l’emmener à lire l’œuvre originale.

Pour finir, la maudite Pinoko qui me tombe sur les nerfs n’est pas présente dans YBJ (pour l’instant) et c’est selon moi une raison valable pour apprécier l’anime. Je la trouve plus débile avec chaque épisode malgré son histoire et je suis tout simplement soulagée de ne pas avoir à supporter son effroyable voix dans YBJ.

Conclusion
En bref, malgré les opinions mitigées sur la qualité du nouvel anime, je vous le recommande et je vous propose d’écouter quelques épisodes de chaque génération et même de lire le manga si vous n’avez pas peur du style de dessin un peu vieillot. Je suis d’avis que de retrouver cet anime parmi les sorties de cette saison fait du bien. Si les œuvres du même genre vous intéressent, je vous recommande la lecture des mangas Monster et Team Medical Dragon, tous les deux excellents, traitant de médecine et destinés à un public plus âgé.

jeudi 19 novembre 2015

Kuroshitsuji – Black Butler

En fouillant à travers internet pour trouver des extraits de Kamigami no Asobi à vous montrer, je suis tombée sur cette chose appelée «ma playlist» que Youtube met à jour pour vous en gardant en mémoire les vidéos que vous avez écouté dans le passé (même si cela date de très longtemps). J’ai donc ré-écouté en boucle la trame musical de Kuroshitsuji – book of circus et je me suis dit que je devais vous en parler. Je continue donc dans la lancée des animes pour filles (même si techniquement Black Butler peut aussi plaire aux garçons) en vous présentant aujourd’hui de loin l’un de mes plus grands dada. Je ne noterai pas l’anime puisque mon opinion est grandement biasée. Je me contenterai de vous donner quelques raisons qui font que vous devriez regarder Kuroshitsuji si ce n’est pas encore fait.

L’histoire se déroule à Londres au 19e siècle en pleine révolution industrielle. Nous suivons le jeune compte Ciel Phantomhive, un aristocrate anglais qui, âgé seulement de 12 ans, se voit devenir l’héritier de l’entreprise de jouets et de friandises Phantom suite à un mystérieux incendie qui aura emporté ses parents. Celui-ci habite un manoir en bordure de Londres en compagnie de ses domestiques. Ceci dit, l’un des domestiques de Ciel est en fait un démon avec qui il a fait un pact alors qu’il allait succomber à un sort encore plus grave que l’incendie. Le contrat stipule que le démon doit protéger Ciel jusqu’à ce que celui-ci venge la mort de ses parents, ce après quoi le démon pourra dévorer l’âme de Ciel. Une petite note au contrat jouant sur les mots veut aussi que si jamais Ciel perdait de vue son vœu de vengance, cela serait vu comme un bris de contrat et le démon aurait son âme. C’est ainsi que Ciel et le démon déguisé en marjordome mênent une série d’enquêtes surnaturelles, la plupart leur étant donné par la reine qui se sert de Ciel pour faire ses basses besognes.

Ce que c’est :
Black Butler est un shônen (notez bien shônen) manga de Yana Toboso. Il est prépublié depuis septembre 2006 dans le magazine Monthly GFantasy appartenant à l'éditeur japonais Square Enix, et a été compilé en vingt-et-un tomes au 27 mai 2015. La version française est éditée par Kana, et le manga est encore en cours de parution. Suite au succès du manga, une adaptation en série télévisée d'animation produite par le studio A-1 Pictures a été diffusée entre octobre 2008 et mars 2009 sur la chaîne TBS au Japon, soit à peu près 2 ans après le début de parution du manga. Une deuxième saison a été diffusée entre juillet et septembre 2010. Une troisième saison adaptant l'arc du Cirque Noah a été diffusée entre juillet et septembre 2014, et deux OAV adaptant l'arc du meurtre au manoir sont sortis en octobre et novembre 2014.

Le genre
Les animes et les mangas sont habituellement étiquetés par genres. Plus une œuvre est étiquetée de plusieurs genre, plus elle devient complexe. Parfois ça donne de la bouillie parce que l’auteur aura essayé de mélanger trop de genres qui n’allaient pas ensembles, mais ici chaque genre avec leurs propres codes se complètent et on ne sent jamais de cassure entre les scènes d’action, le mystère et l’humour. Pour vous donner une idée de ce à quoi vous attendre avant de commencer la série, voici la liste des genres qui la composent : comédie noire, fantastique, surnaturel, drame, action, policier, fantasy (avec plusieurs sous-genres comme historique, dark et gaslamp). J’ai mentionné qu’il s’agissait d’un shônen plus tôt. C’est-à-dire qu’il s’agit d’un manga pour une audience masculine et jeune. J’aimerais que vous gardiez cela en tête en l’écoutant puisque dépendant la langue dans laquelle vous écoutez l’anime, il se trouve dans les textes énormément de tournures de phrases pouvant être interprétées de façon sexuelle entre Ciel (visiblement mineur) et son majordome (visiblement adulte). Cet aspect borderline pédophile est surtout présent dans la version japonaise, mais toujours de façon très subtile. Une personne n’ayant pas l’esprit tordu devrait pouvoir écouter Black Butler sans même s’en apercevoir (sauf peut-être pour une scène de la première saison… et tout au long de la 2e saison). Beaucoup de fans de la série, d’ailleurs, refusent catégoriquement ce que je viens de vous dire. À vous de juger. Je pense personnellement que c’est cet aspect de sous-entendu et de tension sexuelle qui fait que la série est si populaire. Nous y reviendrons.

Du suspens au compte-goutte et la différence entre le manga et l’anime
La force de Kuroshitsuji est que l’histoire commence simple et incorpore de nouveaux éléments surnaturels lorsque l’auteur juge que le lecteur a assimilé les éléments précédents. Plusieurs personnes comparent Pandora Heart à Kuroshitsuji parce que l’histoire et la relation entre les personnages est similaire, mais le majeur défaut de l’anime Pandora Heart est que plusieurs surprises arrivent une après l’autre sans que le spectateur ait pu en assimiler une seule. Kuroshitsuji a beau avoir un rythme plus lent, en prenant quelques épisodes pour entrer dans la chaire de l’intrigue, mais au moins l’intrigue n’est pas forcée. Chaque mystère, chaque suspens arrivent au compte-goutte, ce qui fait qu’après les 5 premiers épisodes, beaucoup de questions restent sans réponses et le spectateur s’accroche au bord de sa chaise en attendant la suite. Je trouve aussi l’histoire merveilleusement bien ficelée (surtout celle du manga) puisque l’auteur n’aura pas peur de faire apparaître un personnage, le faire oublier par les spectateurs, puis le faire revenir à la charge pour une autre histoire, ou encore de prendre un personnage identifié par le public comme étant humoristique pour en faire un personnage profond et dangereux (et je ne parle pas de Grell pour ceux ayant vu Black Butler. Grell reste drôle). Un autre atout de l’histoire bien ficelée est la façon dont l’auteur la rattache à des événements qui ont vraiment eu lieu et à des mythes populaires, ce qui ajoute une dimension culturelle et historique à la série. Chaque élément a lieu d’être malgré le caractère fantastique de la série et cela fait du bien. J’avouerai cependant que la fin de la première saison a été plutôt poussée. Ils ont tenté d’apporter un dénouement à l’histoire alors que celle du manga continue. Dans la première saison, Ciel résoue d’une façon plutôt moche le mystère de la mort de ses parents (de mon point de vue du moins. Je m’attendais à mieux). Dans la deuxième saison, on fait la rencontre de personnages ne figurant pas dans le manga, on voit un suspens inédit quoique tiré par les cheveux et l’histoire arrive à un véritable dénouement (un des plus émouvants que j’aie vue, j’aurais aimé avoir ce dénouement à la première saison).

Les personnages
Bien que Kuroshitsuji repose principalement sur la relation entre Ciel et son majordome Sébastian, tous les personnages (même dans l’anime) ont droit à leur moment de gloire afin que le public puisse s’y attacher. Malheureusement, il y a trop à dire sur les protagonistes donc hop! Les personnages secondaires à la poubelle (désolée m.Tanaka).

Sébastian Michaelis représente le corps de la série (et c’est peu dire). Il est le parfait majordome anglais. Excellent cuisinier, cultivé et très habile, intelligent, créatif et posé, il allie avec brio élégance et talent. Il aidera Ciel à résoudre les mystères tout en s’occupant de toutes les tâches reliées au manoir et, étant donné que Ciel est encore un enfant et par-dessus cela un noble, Sébastian s’occupera également d’éduquer, chaperonner et entretenir Ciel (en lui donnant son bain et en l’habillant, par exemple). Il dit souvent que, étant le majordome de la famille Phantomhive, il se doit de pouvoir tout faire. Il peut en effet réaliser toutes les tâches données par Ciel et ce, sans utiliser ses pouvoirs de démon. Il n’utilisera d’ailleurs ceux-ci que lorsqu’ordonné par Ciel, sauf dans de rares occasions où il se doit absolument de protéger son maître. Il parle avec tact et sarcasme, sait se moquer de son maître avec grâce et a une sorte d’humour noir bien aimé par les Anglais, ce qui fait changement du type d’humour généralement vu dans les shônen. Ses phrases les plus connues (et les plus attendues par ses fans) sont «I simply am one HELL of a butler» et «Yes, my lord». D’un point de vue féminin, Sébastian représente une sorte d’homme idéal pouvant remplir les rôles du parfait complice et du protecteur, tout en étant dangereux et innaccessible. La seule chose qui retient Sébastian de dévorer Ciel ou tout autre humain est son sens aïgu de l’étique.

Ciel Phantomhive est probablement un des personnages principaux les plus attachants et les mieux balancés que je connaisse. Cette balance repose sur plusieurs couches de sensibilité. Malgré son âge, Ciel a su se construire rapidement une façade pour entrer dans la cour des grands et mener à bien les basses besognes de la reine tout comme le faisait son père avant sa mort. Il est mature et capable de tenir tête à n’importe qui. Il est bien éduqué, il a du tact, et se montre exécrable envers son majordome. Il sait mener plusieurs projets de front, en s’occupant de son entreprise, des affaires d’état et de ses propres enquêtes. Cependant, l’auteur nous rappelle de temps en temps que Ciel n’est encore qu’un enfant. Il aime jouer, a des sautes d’humeur, aime les sucreries et sa taille frêle et son manque d’expérience lui attirent beaucoup d’ennuis. Cet aspect de Ciel est lui-même teinté par son lourd passé. Par exemple, il préfère les jeux lugubres et arrive mal à comprendre le comportement des enfants normaux et les émotions des personnes de son entourage.

En plus de ces multiples facettes de la personnalité de Ciel, l’histoire fait découvrir au lecteur une dynamique bien spéciale entre lui et son majordome. Bien que Ciel se trouve dans une situation de pouvoir, Sébastian lui rappelle sans cesse, par ses actions et ses moqueries, qu’il pourrait bien faire à sa tête et que Ciel n’est que son prochain repas. Le contrat entre eux stipule pourtant que le démon doit le protéger et ne jamais le trahir, obéir à tous ses ordres sans discuter et ne jamais lui mentir. Ceci met le démon dans une situation où il doit sans cesse venir au secours de Ciel et doit remplir le rôle de «gardien» en plus de majordome, d’où la naissance d’une sorte de proximité ambigüe entre les deux personnages. En effet, Sébastian représente le meilleur atout de Ciel, mais c’est aussi son pire ennemi qui le mènera éventuellement à sa mort. Sébastian « désire le manger » mais se retient, un peu comme un grand méchant loup qui veillerait sur une brebis. Il est donc impossible pour le garçon de se reposer sur le démon car, en cas de faiblesse ou en cas où il perdrait de vue son désir vengeur, il mourrait. Ciel évolue en ne se reposant sur personne et utilise Sébastian comme un pion sur un échiquier, tandis que Sébastian se demande quel genre d’expérience rendrait encore meilleure son repas. Il est d’ailleurs peu rassurant de voir le démon sourire lorsque Ciel agit de façon ignoble ou afficher une moue dégoutée lorsque le garçon affiche des réactions humaines (par exemple lui ordonner de sauver une personne alors que sa propre vie est en danger). Il y a tout de même une sorte de complicité et une confiance entre les protagonistes qui est belle à voir.

La musique, le visuel et les voixExcellente trame musicale, pour commencer. Plusieurs musiques sortent du lot, les musiques d’ouverture et de fermeture sont interprétées par mes groupes de musique préférés, et il s’agit d’un des rares animes dont je sois capable d’écouter la musique seule. Le visuel est aussi très appelant. Les dessins et les animations sont soignés davantage que bien des animes des récentes saisons et le style visuel respecte le manga. Les voix aussi sont excellentes et, pour une fois, même la version anglaise ET la version française ont été adaptées avec des voix allant aux personnages.

En conclusion
Vous ne pouvez pas passer à côté de Black Butler si vous cherchez un bon anime ou un bon manga (surtout un bon manga). Peu d’animes d’une vingtaine d’épisodes vont autant dans le détail dans une relation humaine non romantique et si la psychologie n’est pas votre tasse de thé, l’action et l’intrigue en valent quand même la peine.

Petit extra
Dans la version japonaise et anglaise, Sébastian a une voix sensuelle (selon les standards de chaque pays) et la version anglaise le fait davantage ressembler à un majordome authentique. Les voix anglaises des personnes du manoir leur vont aussi très bien malgré l’accent très fort. En ce qui concerne la version française, j’aime toutes les voix sauf celle de Sébastian, bien que je soupçone un choix éditorial dans le choix de l’acteur (ce que je respecte). En comparaison aux autres adaptations, la voix française du démon est plus jeune et aigüe et lui donne un air de jeune maître d’école ou de gentil personnage dans une bande dessinée pour enfant. De plus, les mots utilisés en français changent un peu le sens des phrases, leur enlevant parfois leur double sens. Je pense que le fait de rendre Sébastian moins «viril» a pour but d’effacer toute ambiguïté entre les personnages principaux. Il faut mentionner que la France est beaucoup plus stricte que le Japon en matière de contenu sexuel dans les œuvres culturelles, surtout en matière de pédophilie.

samedi 7 novembre 2015

Pourquoi arslan senki et pas vinland saga en anime?

Bonjour tout le monde! Je tiens à m'excuser de ne rien avoir posté pendant si longtemps (presque un mois!). Pour me faire pardonner, j'ai décidé de faire une analyse comparative de deux séries plutôt que d'en aborder une seule.

Avant d’entâmer les animes de la nouvelle saison, je me suis laissée séduire par la publicité d’Arslan Senki et j’ai écouté la première saison de l’anime dans son entièreté. En fait, je ne pensais pas m’être rendue à la fin avant de faire les recherches pour cet article et de lire que la première saison n’avait que 25 épisodes. C’est plutôt courant dans le monde de animes et j’aurais dû m’y attendre, mais la fin de la 1ère saison me laisse sur une faim amère. Je ne sais pas si j’ai vraiment hâte de voir la suite ou bien si je vais la regarder seulement pour m’assurer que je n’avais pas tort lorsque je me disais que j’avais vu bien mieux. Lorsque je dis mieux, je veux parler de Vinland Saga – ceci est mon opinion uniquement. Je me suis demandé pourquoi Vinland Saga n’aurait pas aussi sa propre version animée, si le manga était si bon que cela. Après quelques lectures, j’en suis venue à une série d’hypothèses. Mais avant de vous les présenter, voici une courte description des deux œuvres que je tiens à comparer :

Ce qu’est arslan senki
Les Chroniques d'Arslân (アルスラーン戦記) est une série de romans d'heroic fantasy de Yoshiki Tanaka dont le premier tome est paru en 1986 et qui est toujours en parution. Les romans on eu droit à une adaptation en OVA (original visual adaptation), en manga, et maintenant en une série animée adaptée du manga. Notons que le manga Arslan Senki a été écrit par Hiromu Arakawa, l’auteure du manga de renommée internationale Full Metal Alchemist (FMA). Les chroniques suivent le trajet d’Arslan, fils du roi de Parse, alors que celui-ci doit reprendre le royaume conquis par son cousin, qui se serait allié aux forces du royaume ennemi afin de venger son père tué par le père d’Arslan. Au cours de son voyage, Arlsan se fera beaucoup d’amis grâce à sa bonté et sa compassion et il se posera plusieurs questions sur la valeur des vies humaines et sur les conflits de religion. Il vivra notament une relation compliquée avec Étoile, un guerrier ennemi qui, à force de discussions avec Arslan, remet en question les préjugés envers les pratiquants de religion. La première saison comporte 25 épisodes d’une vingtaine de minutes et laisse le spectateur devant le héros menant son armée vers Parse afin de reprendre la capitale. La prochaine saison est prévue pour en 2016.

Ce qu’est vinland saga
Vinland Saga (ヴィンランド・サガ) est un manga historique écrit et dessiné par le mangaka Makoto Yukimura, l'auteur de Planetes. Mêlant personnages et évènements historiques avec de nombreux éléments fictifs, Vinland Saga est le récit de la vie d'un jeune islandais, Thorfinn Thorsson. Celui-ci voit sa vie basculer lorsque son père est assassiné par des pirates. Animé par la vengeance, Thorfinn suivra puis intégrera cette bande, avec le désir affiché de tuer dans un duel loyal l'assassin de son père. La quête vengeresse de Thorfinn est le fil rouge du prologue de l'histoire (tomes 01 à 08). Elle le mènera notamment à participer à l'invasion de l'Angleterre par les danois, au début du xie siècle. Cette partie de l'histoire traite de sujets divers tels que la guerre, la politique, la religion, et brosse un portrait convaincant et humain de la vie quotidienne des populations victimes de la guerre mais aussi et surtout des guerriers, bien loin des clichés véhiculés habituellement par les Vikings. À partir du tome 08 débute le deuxième arc de l'histoire. L'action quitte les champs de bataille anglais, tandis que le thème de la guerre fait place à celui de la rédemption.

Différence entre les deux animes et théories
Les avis sont divisés quant à la qualité de la production Arslan Senki. D’une part, la musique est parfaitement exécutée et en harmonie avec l’univers de la série. Elle ajoute sans équivoque un plus à la série. D’une autre part, le visuel est plus problématique. Du CGI de style «old-school» est largement utilisé pour les scènes de combat. Ce style graphique rétro sur lequel se base la série ajoute pour certains un charme à l’animation. Quant à moi, je fais partie de ceux qui pensent que ces CGI sont dépassés et gâchent en quelque sorte l’expérience épique à laquelle le spectateur s’attend. Pour le reste, il s’agit d’un dessin typiquement shônen (dédié aux garçons) et le style rappellera d’ailleurs à ceux qui l’ont écouté FMA (vous remarquerez la ressemblance des visages et des yeux, surtout).
Pour sa part, Vinland Saga a un dessin plus réaliste jusque dans les imperfections des personnages et comportant beaucoup de traits, ce qui est plus difficile à transférer à l’animation. Le dessin rappellera aux lecteurs Shingeki no Kyojin (Attack on Titan), dont le style de l’auteur a été perdu à la transposition en anime pour les besoins de la cause – j’imagine déjà l’équipe d’animation se tirer les cheveux devant l’impossible tâche que représenterait d’animer le manga tel quel. Cette difficulté de transposition à l’animation pourrait donc être un frein.

Rythme des histoires
Un second frein à l’adaptation de Vinland Saga en anime est son rythme. Comme le mentionne l’auteur du blog Otakuness, très peu de studios de production investissent encore dans des séries à longue halène. Si plus de 300 épisodes seraient nécessaires à la série Arslan Senki afin de délivrer son histoire – comparativement à un TRÈS faible 25 épisodes – il en faudrait sans doute le double à Vinland Saga étant donné la lenteur de l’intrigue – et c’est peu dire quand on pense que 8 tomes (c’est-à-dire 8 bandes dessinées) représentent le PROLOGUE de l’histoire complète et que l’auteur travaille à l’histoire depuis plus de 10 ans. Je ne supporterais pas, comme probablement d’autres fans de la série, de voir Vinland Saga se réduire en une ou deux simples saisons de 25 épisodes. Je suis du même avis que d’autres blogueurs lorsque je dis qu’Arslan Senki est trop condensé. Trop de détails sont omis et le rythme est trop rapide, ce qui fait que les personnages sont sans profondeur et que certains morceaux du récit font plus ou moins de sens et ce, même rendu au dernier épisode de la saison. Cependant, ce rythme semble tout à fait adapté à son public cible, plus jeune et en désireux de scènes épiques sans toutefois entrer dans les détails.

Arslan Senki offre à première vue un combat direct entre le bien et le mal, sous lequel on décèle quelques questionnements d’actualité. Le timing de la série me semble tout à fait adéquat puisqu’on y dépicte une guerre entre deux empires, un occidental et l’autre oriental, camouflé par un conflit de religion. «La valeur d’un être humain non-croyant comparativement à un être humain croyant» est tout à fait d’actualité et le fait qu’Arlsan se pose comme personnage détaché du monde est semblable à celui des jeunes gens observant les conflits armés présents de l’extérieur. Vinland Saga n’a malheureusement pas un aussi bon timing, mais traite de sujets universels d’un point de vue humain.

Ma prochaine hypothèse se base sur la notoriété des auteurs et réalisateurs. Abe Noriyuki a été le directeur de grands succès dans le genre shônen, tels que Yū Yū Hakusho et Bleach. Hiromu Arakawa l’auteure du manga de renommée internationale Full Metal Alchemist, un rare manga à avoir obtenu deux adaptations animées en plus d’une foule d’OVA et de jeux vidéo. En comparaison, Makoto Yukimura (l’auteur de Vinland Saga) n’a que deux autres mangas à son actif, dont un seul ayant eu un certain succès. Il est évident que n’importe quel investisseur porterait son attention sur Arslan Senki, puisqu’il s’agit d’une valeur sûre pour l’industrie. Le choix de baser l’anima sur la série manga est aussi un choix judicieux puisque, comparativement à la version écrite qui n’est toujours à suivre, le manga a donné une fin propre à l’histoire et en a fait une adaptation plus concise à la portée d’un public plus jeune (le même que celui de FMA). En cet aspect, la série Vinland Saga s’adresse à un public plus âgé et la complexité des dilemmes proposés dans le manga demandent un effort de réflexion difficilement atteignable lorsqu’on regarde la télévision. 

Pour toute ces raisons, il me semble évident qu’Arslan Senki est une excellente production pour l’animation (malgré la pauvreté de l’histoire dû à sa condensation) tandis que Vinland Saga se doit de rester en version papier uniquement. Je conseille de suivre l’œuvre écrite Arslan Senki ou encore de lire le manga Vinland Saga pour ceux qui, comme moi, préfèrent leur récit historique avec beaucoup de complexité et de détail.

Bonne lecture | écoute
Mimi Garano - ミミ ガラノ